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Mike Oldfield

Mike-1978.jpgMike Oldfield, compositeur, guitariste, et multi-instrumentiste britannique est l'objet de ce blog, où je viens ajouter, occasionnellement, une bribe de biographie ou  quelques informations sur sa riche discographie.

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11/03/2014 : le nouvel album "Man On the Rocks" est entré dans les classements britanniques en 12e position. Mike Oldfield prépare une version radio de "Moonshine" pour continuer à promouvoir l'album et espère pouvoir percer sur le marché américain.

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 22:00

Mike Oldfield a sorti de nombreux titres inédits en albums, en particulier dans les années 70 et 80 : des singles isolés, mais aussi de nombreuses "faces B".

Beaucoup de ces morceaux sont inclus dans les deux compilations essentielles que sont
The Complete Mike Oldfield et The Platinum Collection. La plupart des autres semblent destinés à nourrir les rééditions Deluxe. Mais même l'heureux possesseur de tous les albums et de ces deux compilations ou des éditions Deluxe ne saurait être pleinement satisfait. Il y a encore de nombreux titres "officiels" (c'est à dire publiés, les autres seront abordés dans les volets suivants) qui restent à découvrir pour les amateurs de petits instrumentaux folks et de chansons bizarres.



Début du voyage au pays des "inédits et raretés" avec ce premier volet consacré aux simples "raretés".

 

"Ex-raretés" intégrées aux rééditions Deluxe

Les rééditions Deluxe changent la donne en ce qui concerne les morceaux "rares" de Mike Oldfield. En effet, sur ces disques, à la date de révision de cet articel (2011), plusieurs titres rares ont été inclus aux côtés de titres qui eux n'avaient jamais été sortis ! Par contre, certains semblent laissés de côté, voire ostracisés (ils ne sont même pas cités dans les livrets de ces rééditions)...

 

La version longue du Sailor's Hornpipe était la version enregistrée et prévue initialement par Mike Oldfield pour clore Tubular Bells. Elle commence par un long monologue imbibé d'alcool de Vivian Stanshall sur fond musical, avant que la musique ne prenne le dessus et n'accélère de la façon qui est bien connue. Virgin trouva ce morceau trop bizarre et l'édulcora en n'en gardant que le final instrumental. La version longue fut rétablie derrière la version remixée de Tubular Bells sur Boxed en 1976 (y compris dans la version CD parue ultérieurement), et il a fallu attendre 2009 pour la voir inclue dans un nouveau support, à savoir la réédition Deluxe de Tubular Bells.

 

Mike Oldfield's single (1974) - 45 tours, version hautbois des Guitar Sounding Like Bagpipes de Tubular Bells, intégré à la réédition Deluxe de Tubular Bells.

 


Hergest Ridge version originale (1974) - Version incluse sur les pressages vinyles jusqu'en 1976 et intégrée en bonus à la réédition Deluxe d'HR. La version 5.1 reprend certains détails de cette version originale.

 

In Dulci Jubilo (For Maureen) (1975) - Face B de Don Alfonso, première version de ce morceau, différente de la version ré-travaillée fin 1975, intégrée en bonus d'HR Deluxe.

 

Argiers est un instrumental dominé par la flûte de Leslie Penning, enregistré en même temps que Portsmouth, mais autant mélancolique que Portsmouth est guilleret. Il est proposé avec Portsmouth sur la réédition Deluxe de Ommadawn (2010)

Egalement présent sur cette réédition, l'instrumental First Excursion est un morceau d'août 1976 probablement enregistré spécifiquement pour Boxed. Mike Oldfield à la guitare électrique semble se livrer à une semi-improvisation accompagné de
Bedford au piano et synthétiseurs. Le jeu de guitare de Mike annonce déjà les grandes gammes que l'on entendra sur Incantations, et sans doute a t-il déjà, à l'époque, échangé sa Gibson SG contre la Gibson L6S qu'il utilisera en 1978 et 1979 (voir l'article sur les guitares de Mike Oldfield).


Pipe Tune
(1977) - Face B du 45 tours Cuckoo Song, thème à la flûte sur des arrangements qui rappellent Incantations. Le morceau est présent dans les bonus de l'édition Deluxe d'Incantations.

Wrekorder Wrondo
(1977) - titre sorti sur le Maxi 45 tours Take Four, typiquement oldfieldien, dans la veine de ses morceaux folks de l'époque. On le trouve maintenant sur l'édition Deluxe d'Incantations.

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/wrondo.mp3&
Wrekorder Wrondo (extrait)

 

 

"Demi-raretés" encore disponibles

Quelques morceaux de Mike Oldfield n'ont été inclus que dans des coffrets ou des éditions spéciales, et ont tendance, pour cette raison, à être absent des collections de tous ceux qui ne font pas l'acquisition de supports onéreux juste pour un ou deux inédits...


Boxed.jpgLe coffret Boxed, sorti en 1976, contenait à l'origine quatre 33 tours dont trois proposaient des versions remixées des trois premiers albums de Mike. le quatrième, intitulé Collaborations, rassemblait des collaborations avec David Bedford et Leslie Penning, dont la moitié étaient inédites à l'époque. Boxed a été réédité en un coffret 3 CDs et, avec le jeu des rééditions Deluxe, il a perdu beaucoup de son intérêt, puisqu'il ne recèle plus qu'un seul titre encore "exclusif" . En 2007, on trouvait encore Boxed à environ 45 Euro sur des sites de vente en ligne.

La chanson Speak' (Tho' You Only Say Farewell) est un duo décalé entre Mike Oldfield et David Bedford (également au piano), qui massacrent (volontairement ?) une chanson d'Horatio Nicholls composée dans les années vingt. La chanson a été enregistrée en novembre 1974 au Beacon, sans doute au même moment que la chanson Don Alfonso (David Bedford au chant) qui est une reprise des années trente.

 



Elements.jpgLe
coffret 4 CDs Elements est sorti en 1993, en même temps que le best of du même nom. Les morceaux et extraits rassemblés balayent toute la carrière solo d'Oldfield de 1973 à 1991 et comprennent un véritable morceau resté inédit jusque là (Vivaldi Concerto in C) et une dizaine de raretés. On trouve ce coffret à environ 55 Euro sur des sites de vente en ligne.

 Vivaldi Concerto in C, un morceau de Vivaldi (comme son nom l'indique) enregistré en 1976, probablement en même temps que The William Tell Overture (de Rossini) et semble t-il en même temps que d'autres reprises de morceaux classiques demeurées inédites.

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/vivaldi.mp3&
Vivaldi Concerto in C (extrait)

The Path, un morceau également enregistré en 1976, présent sur la B.O. du documentaire
Reflection en 1978 et réapparu sept ans plus tard comme face B du 45 tours "Shine".

Punkadiddle Live, une version live parue auparavant en face B du 45 tours Five Miles Out.

Polka Live, une reprise rock et électrique de la polka de Ryan (dont une version traditionnelle peut être entendue dans le film Titanic), parue intialement en face B du 45 tours Arrival en 1980. Le morceau a été enregistré lors de la
tournée 1980 de Mike.

Afghan, un duo guitare électrique contre cornemuse, paru initialement en face B du 45 tours Tricks Of The Light. La face B du Maxi contenait en plus l'instrumental de Tricks Of The Light, également inclus dans
Elements.

One Glance is Holy Hard and Holy Mix, une version différente de Holy, intialement incluse sur le 45 tours de Holy.



Le
DVD bonus inclus dans certaines éditions de Tubular Bells 2003 contient les démos de Tubular Bells, bien qu'on ne sache pas exactement s'il s'agit des démos originales du printemps 1971 ou de démos retravaillées par Mike Oldfied en 1972 (ce qui semble beaucoup plus probable, voir cet article).



La
version britannique de Light+Shade (que l'on trouve par exemple sur amazon.co.uk) contient deux titres supplémentaires : 
Pres De Toi qui est une version celtique de
Closer
Lakme (Fruity Loops) qui est une version dance d'un air de l'opéra
Lakme de Leo Delibes.



La compilation
Collection est le seul support CD à contenir la version simple de Pictures in the Dark (la version maxi étant incluse dans The Platinum Collection).



Raretés sorties au moins une fois en CD

Les morceaux cités ci-dessous peuvent revendiquer le statut de "raretés" dans la mesure où ces supports sont (en principe) épuisés et donc nettement plus difficiles à trouver.

Passed You By avec Phil Beer (1979) - sorti sur l'album de 1986 Where Would You Rather Be Tonight ? -épuisé.

Sit You Down avec Phil Beer (1979) - sorti sur l'album de Phil Beer Official Bootleg Volume 1 -épuisé

moonlight.jpgRite of Man (1983) - Face B du 45 tours
Moonlight Shadow, réédité sur le Maxi-CD Moonlight Shadow de 1984. Avec en face A le plus gros tube de Mike Oldfield, ce choix de chanson de marin fantaisiste en face B avait quelque chose de déconcertant...

In the Pool (1984) -  Face B du 45 tours To France, réédité sur le Maxi-CD Moonlight Shadow de 1993. Il paraît que ce morceau de guitare étincelant était prévu initalement pour être une chanson...

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/pool.mp3&
In The Pool (extrait)

Bones (1984) -  Face B du Maxi 45 tours To France, réédité sur le Maxi-CD
Moonlight Shadow de 1993. Comprend des chants Kecak du Bali (dans le genre des chants déjà entendus sur La Déchirure).

Early Stages
(1992) - Titre du CD single Sentinel. Sans doute la première intention de Mike Oldfield pour démarrer Tubular Bells 2, dans un style beaucoup plus proche de Tubular Bells 1.

Silent Night
(1992) - Titre du CD single Tattoo. Reprise du chant de Noël Douce Nuit à la guitare électrique.

The Spectral Army
(1994) - Titre du Maxi-CD Hibernaculum.

Song of the Boat Men
(1994) - Titre du Maxi-CD Hibernaculum.

Indian Lake
(1995) - Titre du Maxi-CD Let There Be light. Ces trois derniers morceaux étaient apparemment des morceaus non retenus pour The Songs of Distant Earth mais dont le style rappelle beaucoup plus Tubular Bells 2.

Mike's Reel
(1996) - Titre du Maxi-CD Women of Ireland XXV. Rappelle les instrumentaux rigolos des années 70.

Tubular X (1998) - Morceau mêlant notes de Tubular Bells avec le thème des X-Files (Mark Snow) pour l'album The X-Files : The Album sorti conjointement à la B.O. du long métrage. Ce morceau d'Oldfield semble curieusement absent des exemplaires disponibles à ce jour sur Internet.

Surfing (version courte)
(2005) - Mixage plus court que sur la version album. CD single promo sorti uniquement en espagne.

Ready Mix
avec Carl Palmer (1982) - inclus sur la compilation de Carl Palmer Do Ya Wanna Play, Carl ? semble toujours disponible



Raretés non sorties en CD

Les morceaux cités ci-dessous sont tous (à l'exception du dernier) sortis sur les 45 tours ou des 33 tours, mais n'ont jamais fait l'objet d'une réédition CD.

Froggy Went-A-Courting
(1974) - Face B du Mike Oldfield's single, chanson excentrique, avec un poème récité par Mike Oldfield et Vanessa Branson, sur une dentelle de guitare oldfieldienne. Cette chanson n'a jamais trouvé le chemin du CD, et il faut croire que Mike ne souhaite pas l'y aider.

Don Alfonso (1975) - 45 tours, dont une version non stéréo, apparemment extraite de la bande son du vidéo-clip a été incluse à la Platinum Collection. Le vidéo-clip ést également présent sur le DVD Elements. Pour autant, aucune mention n'en est faite dans les rééditions Deluxe d'Hergest Ridge et Ommadawn où ce morceau, sorti en plusieurs versions, aurait pu trouver sa place.
 

don-alfonso-uk.jpg 

Ommadawn 7" (1975) - Version raccourcie et remixée de la fin d'Ommadawn part 1, sortie uniquement en 45 tours en France - n'a pas été intégrée à la réédition Deluxe de l'album.

British Grenardiers
de Leslie Penning (vers 1977) - 45 tours de Leslie Penning, dans la veine de Portsmouth, sur lequel la participation de Mike Oldfield n'est pas établie.
  

Sally
(1979) - inclus uniquement sur les premiers pressages vinyles de Platinum

I've Got Rythm version live
(1979) - Version incluse dans la compilation Impressions, enregistrée le 26 mai 1980 au Southampton Gaumont pendant la tournée 1980 et mixée par Phil Newell en vue d'une sortie en 45 tours qui n'a finalement jamais eu lieu.

Blue Peter "dutch" version
(1979) - Version très différente de Blue Peter, incluse sur la compilation Wonderland, sortie uniquement au Bénélux, d'où son surnom donné par des collectionneurs. Note : il existe aussi une version proche de la version originale, avec une fin différente, dite "Refined ending", sortie sur les derniers exemplaires du 45 tours de Blue Peter, suite à des demandes de DJ pour les passages en radio.

Shine (7" version)
(1985) - Simple sorti en 1985, la version maxi est incluse dans The Platinum Collection.

The Trap
(1985) - Face B du Maxi 45 tours Pictures in the Dark, un thème inquiétant qui n'aurait pas dépareillé sur la B.O. de la Déchirure.

Music for the Video Wall
(1987) - Face B du 45 tours Magic Touch, instable et varié comme l'est l'instrumental The Wind Chimes sur Islands.

Cook's Tune
(2005) - Disponible en téléchargement aux acquéreurs de Light+Shade sur un site allemand (Conrad.de, sans doute fermé aujourd'hui).

 

Spheres (2008) - Un mix particulier reprenant des idées de Music of the Spheres mis en vente seulement en téléchargement 


                                   Prochain volet de la série : les inédits joués en live ou sortis sur des pirates.

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Published by Nicolas - dans Discographie
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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 23:30

Contrairement à la période précédente, l'époque de l'enregistrement de Tubular Bells est très documentée et abordée dans de nombreux ouvrages et beaucoup d'interviews. Le caractère quasi-légendaire de cet album y est pour beaucoup.
A la déficience d'informations succède la surabondance d'informations avec ses effets pervers : dates discordantes selon les sources ou bien anecdotes contradictoires. Malgré le niveau de détail développé ici, les informations gardent donc un petit degré d'incertitude...


Dans l'article précédent de sa biographie, il a été relaté comment la trajectoire de Mike Oldfield a croisé en 1971 celle de la jeune société Virgin, au Manoir(1), à Shipton-on-Cherwell, près d'Oxford.

La société Virgin Mail Order a été fondée par Richard Branson en 1970, alors que celui-ce n'a que vingt ans. Cette petite structure, où règne un certain esprit hippie, vend des disques par correspondance à des prix défiant toute concurrence. Le 20 janvier 1971, une grève postale débute au Royaume-Uni. Elle durera 7 semaines. Afin d'assurer la survie de son activité de vente, Branson ouvre dans l'urgence une boutique "Virgin Records" à Oxford Street. C'est le début d'un réseau de distribution qui va très vite couvrir l'ensemble du Royaume-Uni, et dont l'image branchée devra beaucoup au talent de Simon Draper, passionné de musique et acheteur chez Virgin.

Branson-Manor.jpgL'état d'esprit de Richard Branson est, déjà à cette époque, de développer ses activités par la diversification. Courant 1971, peut-être inspiré par un de ses employés appelé Tom Newman, il effectue son premier investissement important : l'achat d'un manoir au nord d'Oxford, afin d'y installer un studio-résidence permettant des sessions d'enregistrement avec hébergement au calme de la campagne. Le Manoir ouvre en novembre 1971 et accueille comme premier groupe The Bonzo Dog Band, qui vient y enregistrer son album Let's Make Up And Be Friendly. Avant son ouverture officielle et pendant les travaux de câblage du studio, le Manoir avait déjà accueilli le musicien Arthur Lewis, qui venait enregistrer une démo. Parmi les musiciens embauchés pour les sessions figurait un jeune guitariste de 18 ans appelé Mike Oldfield... l'article précédent a déjà raconté comment Oldfield avait saisi l'occasion pour remettre une démo d'une oeuvre instrumentale aux ingénieurs du studio, Tom Newman et Simon Heyworth.

En 1972, alors que le Manoir est lancé, Richard Branson et Simon Draper décident de passer à une nouvelle étape du projet Virgin : la création d'une maison de disques. Le premier disque prévu est au départ un album intitulé Manor Live, qui regroupe des sessions de différents artistes enregistrées au Manoir. Mais Branson et Draper songent également à donner une nouvelle chance à l'artiste de 19 ans qui leur avait laissé une démo l'année précédente, et pour laquelle Draper n'a trouvé aucune maison de disques intéressée. Vers août ou septembre 1972, Simon Draper appelle Mike Oldfield chez sa mère à Harold Wood, et lui propose un dîner avec P--niche-Branson.jpgBranson. Rendez-vous est pris à la deuxième boutique ouverte par Virgin, située à Notting Hill, et abritant les bureaux de la jeune entreprise. De là, Simon Draper guide Mike en voiture jusqu'à la péniche où réside Richard Branson et son épouse Kristen.

"Et voilà où j'étais, ce guitariste fou, paranoïaque, invité à un dîner sur le bateau de Richard. Je pensais qu'ils m'avaient probablement fait venir juste pour voir à quoi je ressemblais, et je savais que je devais faire un effort. Intérieurement, je pensais : "que diable fais-je ici ?" [...] Je déteste le poisson, donc bien sûr [Kristen] avait préparé du saumon. Je me forçais à le manger parce que j'étais trop terrifié de ne pas le faire, et je pense qu'ils m'ont donné un un verre de vin qui a disparu en environ une demi-seconde."

Au cours de ce dîner, Branson et Draper proposent à Oldfield de profiter du studio du Manoir pendant une semaine, afin d'y ré-enregistrer correctement sa musique. Branson demande à Mike Oldfield de quels instruments il a besoin pour faire un album et Mike déroule une liste d'instruments que l'on retrouve en partie au dos de la pochette de Tubular Bells. On lui indique que la semaine qui lui est laissée débute au Manoir, à Shipton-on-Cherwell, quinze jours plus tard.

Manor2006-3.jpg

                                                      Le Manoir en 2006



La première semaine d'enregistrement

La période où la possibilité est offerte à Mike d'enregistrer son album est un créneau d'une semaine de libre au Manoir entre des sessions d'enregistrement pour John Cale (ex-Velvet Underground) et pour The Bonzo Dog Band(2). Quand Mike Oldfield arrive au Manoir, il entend la musique de John Cale venant du studio 16 pistes construit dans l'ancienne écurie. 

Facture.jpgIl va ensuite poser ses bagages et sa Fender Telecaster et constate que la grande suite du Manoir, avec salle de bains, lui a été attribuée. Après avoir visité les lieux, il apreçoit les employés de la société de location d'instruments Maurice Placquet S.A. qui apportent les instruments loués pour sa session et reprennent ceux utilisés par Cale. Parmi ces derniers instruments, se trouvent des cloches tubulaires(3). Mike se dit qu'elles pourraient bien lui servir. Il s'adresse donc aux employés : est-il possible de les lui laisser ? Ceux-ci acceptent, précisant qu'elles seront portées sur la facture.

Dans "Mes Virginités", Branson (qui semble prompt à inventer des anecdotes) relate que "la guitare coûtait £35, la guitare espagnole £25, l'ampli Fender £45, la mandoline £15, et le triangle était au rabais à £1. Les cloches tubulaires coûtaient £20. £20 pour des cloches tubulaires ? dis-je. Elles ont intérêt à en valoir la chandelle."

Il est déjà 5 heures de l'après-midi quand arrivent enfin les ingénieurs du Manoir : Tom Newman, Simon Heyworth, Phil Newell et Dave Hugues. Dans une atmosphère que Mike ressent comme froide, débute l'enregistrement de l'introduction de l'album sur un piano à queue Steinway. Mike joue l'ensemble de la mélodie au piano, qui dure plusieurs minutes. De premiers overdubs sont effectués mais le son devient vite une bouillie sonore, Mike, pianiste somme toute moyen, n'étant pas arrivé à maintenir régulier son tempo au piano. Les premières heures de travail de soldent donc par un échec.

piano-steinway.jpgLe deuxième jour, l'équipe s'y prend autrement. A l'initiative de Simon Heyworth, le battement d'un métronome est transmis à Mike Oldfield par un casque, pendant qu'il joue. La solution s'avère fructueuse et le piano peut être correctement enregistré, suivi par la basse, puis par la "double speed guitar". Celle-ci correspond à une guitare à la vitesse doublée, et nécessite donc d'enregistrer la guitare électrique avec un magnétophone ralenti à demi. Après avoir enregistré l'orgue Farfisa, Mike souhaite ajouter un son du type de celui qu'il avait obtenu avec le jouet dont il s'était servi pour sa démo. Cela sera obtenu avec un glockenspiel (ou carillon), joué par Phil Becque et Mike Oldfield. Becque -qui est un ex-batteur- frappe les lames tandis que Mike stoppe les notes avec ses mains.

Le motif introductif répétitif mène à une première apothéose pour laquelle Mike souhaite un passage à la flûte. Tom Newman passe un coup de fil à John Field (ex-July, ancien groupe de Tom Newman) et celui-ci vient dans la journée. Dans le passage qui suit une contrebasse est nécessaire et c'est le violoncelliste et contrebassiste Lindsay L. Cooper qui assure la partie (à ne pas confondre avec la musicienne hautboïste Lindsay Cooper de l'album Hergest Ridge).

Pour la première aopthéose (vers 4:15) et pour l'apothéose suivante (vers 9:15 dans la partie 1), Mike Oldfield souhaite obtenir l'effet d'un accord d'orgue qui "décolle", mais il n'existe pas à l'époque de boutons sur les orgues pour faire varier la fréquence du son. Les ingénieurs du Manoir proposèrent alors de jouer sur la fréquence des moteurs des magnétophones. L'astuce fut alors d'enregistrer un long accord d'orgue sur une bande, puis de le lire dans un magnéto et d'accélérer la lecture grâce à un bouton sur un transfo relié au magnétophone. Crédit en fut donné sur la pochette de Tubular Bells, qui mentionne en septième position le mystérieux "Taped motor drive amplifier organ chord".

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/pitch-farfisa.mp3& 
Tubular Bells part 1 - (4:14 - 4:45) avec le Taped motor drive amplifier organ chord et le premier coup de cloche tubulaire de l'album...

Progressivement, Mike Oldfield ressent une adhésion des ingénieurs du Manoir autour de sa musique. L'ambiance se réchauffe jour après jour et Mike développe une complicité particulière avec Tom Newman, avec qui il s'amuse parfois à lutter sur la pelouse du Manoir. Mike Oldfield apprécie également la présence rassérénante du chien Bootleg, qui est souvent couché sous la table de mixage. L'enregistrement est également accompagné d'une généreuse consommation de whisky, dans la cave du Manoir ou dans le pub The Jolly Boatman, au bord du canal d'Oxford, à environ un kilomètre du Manoir.

jollyboatman1.jpg                                                  Le pub The Jolly Boatman aujourd'hui


jollyboatman.jpg

            Peut-être l'endroit où la production de Tubular Bells s'est négociée autour de pintes de Guinness


Au bout de cette semaine d'enregistrement, Mike Oldfield attaque le final bâti sur une longue ligne de basse, "rapide et difficile", répétée pendant cinq minutes. Voulant apparemment impressioner quelques personnes du Manoir (parmi lesquelles Jackie Byford, ex-copine de Tom Newman), Mike prend quelques rasades de whisky, enlève son tee-shirt et entame l'enregistrement de la ligne de basse, sans métronome. "Je m'en fous si mes doigts saignent, je vais aller jusqu'au bout". Après cela, il effectue ses overdubs : la guitare qui double la basse, puis tous les instruments empilés les uns après les autres. C'est à ce moment là seulement que, d'après lui : "A ce moment, je me suis souvenu des cloches tubulaires qui avaient été laissées après les sessions de John Cale, et j'ai pensé que ce serait une bonne idée de les placer en final."(4)

Les premières prises avec les cloches tubulaires ne sont pas assez impressionantes pour Mike. Il abandonne donc le maillet traditionnel pour un gros marteau en acier et frappe une cloche d'un grand coup. Le son est fantastique, mais la cloche reste marquée d'une énorme bosse.

D'après Mike, la soirée est alors déjà bien avancée (vers les onze heures du soir) quand Mike et les ingénieurs du son ouvrent un jeroboam de Guinness et attaquent un premier mixage rapide des 16 pistes, afin de pouvoir livrer une démo à Richard Branson. Le travail dure toute la nuit et Mike part se coucher au petit matin.


La fin d'année 1972

Dans les jours qui suivent, Mike Oldfield  reste au Manoir où il est hébergé dans une chambre plus petite. Simon Draper ayant apprécié l'enregistrement livré par le studio, Richard Branson accepte que Mike demeure encore quelque temps au Manoir et semble-t'il accepte-t-il de même que l'enregistrement soit poursuivi. 

Cependant, le studio est loué pour tout l'automne, avec seulement quelques éparses journées de libres. Les sessions suivantes ont donc généralement lieu durant la nuit, et parfois pendant de rares journées de libre. Simon Heyworth est beaucoup plus impliqué dans ces sessions. Dans Changeling, Mike Oldfield explique qu'il a d'abord enregistré l'épilogue de la partie 1 (à la guitare acoustique) ainsi que les choeurs avec sa soeur Sally Oldfield et la gestionnaire du manoir Mundy Ellis (par ailleurs compagne de Tom Newman et ex-compagne de Branson...).

Oldfield72.jpgCe même choeur féminin pose également ses voix sur les thèmes débutant  la deuxième partie de Tubular Bells. Celle-ci  se constitua par l'assemblage de morceaux que Mike avait conçu séparément, mais dont les transitions sont perfectionnées durant les longs moments où Mike ne peut enregistrer. Le début de la partie 2 est un cycle de plusieurs mélodies joué à la guitare que Mike a travaillé depuis longtemps (la section "Harmonics" sur TB2003). Mike y ajoute un autre morceau de guitare acoustique ("Peace"), qui représente pour lui "un véritable sanctuaire", un refuge contre ses crises de panique. Sur sa démo de Tubular Bells, la guitare était accompagnée d'un orgue farfisa dont les notes vibraient par le jeu de Mike sur un curseur de l'orgue(5). Mais Mike ne parvient pas à reconstituer cet essai sur le Farfisa du Manoir (dont le curseur est déficient) et finalement il réalise l'accompagnement sur un orgue Lowrey, en étant très mécontent du résultat. Cette déception est compensée par la satisfaction qu'il trouve dans les effets qu'il réalise avec les mandolines.

Après cette longue section de guitare acoustique, Mike réalise le passage des "guitares cornemuses" où il joue lui même des percussions avant d'empiler les guitares électriques. Derrière ce passage, Mike reprend un morceau qu'il avait travaillé en 1969 lorsqu'il jouait avec son frère Terry au sein de Barefeet. C'est le batteur Steve Broughton, que Mike avait fréquemment croisé lors de ses tournées avec Kevin Ayers, qui vient improviser un jeu de batterie et enregistrer la piste d'accompagnement avec Mike à la basse. La piste est réussie à la deuxième prise.


La fin de l'enregistrement - février/mars 1973

A ce stade de l'enregistrement, la période de Noël approche, et Mike est contraint de quitter le studio à la demande du groupe canadien qui prend alors possession des lieux pour enregistrer. Mike Oldfield retourne donc à Harold Wood, chez sa mère, jusqu'à ce que de nouvelles opportunités d'enregistrer au Manoir se présentent, à la fin de l'hiver 1973.

Entretemps, en janvier 1973, Richard Branson s'est rendu au MIDEM, à Cannes, avec une version provisoire d'Opus 1, pour constater que personne ne s'intéresserait à un morceau rock sans batterie ni paroles. Dés son retour au studio, Mike Oldfield se fait donc harceler par Richard Branson qui réclame plus de batteries et des voix. L'édition 73 du MIDEM aura été plus fructueuse pour le jeune groupe Queen, qui y décroche son premier contrat, avec la démo de ce qui sera son premier album !

D'après Changeling, Mike relate que c'est après son retour en studio, début 73, qu'il ajoute les parties de piano de la section Caveman, en frappant violemment le clavier comme s'il donnait des coups de karaté. Puis Mike conclue sa partie 2 par la section "Ambient guitars" en réutilisant un solo de guitare qu'il jouait lors de ses concerts avec Ayers.


Les voix sur Tubular Bells : Vivian Stanshall et l'homme des cavernes

La section "Caveman" demeure cependant inachevée. Il manque toujours un thème ou un instrument principal. A la demande de Branson (cf. ci-dessus), Mike avait bien jeté quelques paroles sur le papier, mais se sentait bien incapable de chanter. Finalement, après une soirée arrosée de Guinness au Jolly Boatman, Mike décide d'entrer en studio avec une bouteille de Jameson's dont il prend des rasades. La bande magnétique est ralentie grâce au variateur conçu par les ingénieurs et Mike Oldfield délivre un chant sans doute bien loin de ce qu'attendait Richard Branson !

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/chant.mp3&
Tubular Bells part 2 - Extrait (Mike mettra une semaine à refaire fonctionner ses cordes vocales !)

En dehors du passage intitulé Caveman (l'homme des cavernes), pour lequel l'instrument (vocal) cité est "Piltdown Man" (un équivalent "d'Homme de Néandertal" à ceci près que l'homme de Piltdown était une supercherie scientifique...), une voix est également ajoutée à la partie 1 de Tubular Bells. La participation de Vivian Stanshall est cependant difficile à situer dans le temps, deux versions s'opposant quant à sa venue en studio.

La version de Mike Oldfield a toujours été celle de l'intervention de Stanshall à la fin de la première semaine d'enregistrement. Selon Oldfield, le groupe qui a réservé le studio au terme de la semaine qui lui a été laissée est le Bonzo Dog Band, dont Vivian Stanshall est le leader. Or, toujours selon Oldfield, les Bonzo Dogs seraient arrivés au Manoir pendant qu'il enregistrait le final. C'est à ce moment que Mike aurait eu l'idée qu'un Maître des cérémonies introduise chacun des instruments de son final.

viv.jpgSimon Heyworth se serait chargé d'aller solliciter Vivian Stanshall. Oldfield et Stanshall chaussent alors chacun un casque. Mike donne une liste d'instruments à un Stanshall passablement éméché, puis un dernier overdub est réalisé en une prise, avec Stanshall indiquant les instruments au rythme où Mike les montre du doigt sur la liste : "Grand piano... Reed and pipe organ... Glockenspiel... Bass guitar... Double speed guitar... Two slightly distorted guitars... Mandolin... Spanish guitar and introducing acoustic guitar...  Plus, Tubular Bells !"

Or, la présence des Bonzo Dogs semble étrange, compte tenu des biographies du groupe qui existent sur Internet, en ce qui concerne The Bonzo Dog Band, dont le dernier travail collectif a bien eu lieu au Manoir mais à la fin 1971 (l'album...). Les sites consacrés au Bonzos ne mentionnent aucun enregistrement à la fin de 1972. A moins qu'il ne s'agisse de sessions précoces de Vivian Stanshall pour son album solo de 1974 (Men Opening Umbrellas Ahead)...

L'autre version est celle exposée par Al Clark dans le livret du coffret Boxed (1976), corroborée par les informations données par Phil Newell, dans le numéro 24 de Dark Star.

Selon cette version, Vivian Stanshall aurait été invité au Manoir à la toute fin de l'enregistrement d'Opus 1 pour énoncer les noms des instruments, ceci ayant constitué une des réponses à la demande de Branson de "plus de voix". Dans la foulée de cet enregistrement (ou plutôt après un intermède bien arrosé), Stanshall, Tom Newman et Oldfield auraient enregistré le délire qui constituait le prélude à Sailor's Hornpipe que Mike avait enregistré afin de conclure son album -il jouait déjà ce morceau pour les rappels lors des concerts avec Kevin Ayers.

Quoiqu'il en soit, il est possible que Mike ait eu l'idée des introductions et/ou du fait d'y convier Stanshall grâce au morceau farfelu des Bonzo Dogs intitulé "The Intro and the Outro" où Vivian Stanshall présente chaque membre du groupe et son instrument, avant de partir en délire ("John Wayne, xylophone, Général de Gaulle à l'accordéon", etc.)(6).

Enfin, et c'est sans doute le plus important, c'est à la suite des introductions de Stanshall que le titre de "Tubular Bells" s'est imposé comme une évidence pour l'album.


Le mixage

Le mixage définitif de l'album est un moment héroïque de la réalisation de l'album. En effet, les 16 pistes de l'album sont sur-utilisées, au point que des instruments différent se succèdent sur chacune des pistes, ce qui oblige à des manipulations intenses des 16 niveaux de la table de mixage, pour gérer les quelques 500 sections différentes présentes sur chacune des deux parties de l'album. Afin de pouvoir gérer les manipulations, Mike Oldfield, Tom Newman et Simon Heyworth se font assister de deux autres ingénieurs du son pour disposer de dix mains sur le pupitre ! Un tableau récapitulatif et un rouleau de trois mètres de long sont nécessaires pour guider les opérations, pilotées au son de la voix de Tom Newman qui enchaîne les comptes à rebours.

Ces manipulations demandent tellement de répétitions, qu'il faut presque une semaine à l'équipe pour être au point sur les quatre premières minutes de la partie 1. Le mixage nécessite finalement trois semaines de travail, soit autant que le temps cumulé nécessaire pour l'enregistrement de l'album...

Le mixage est également le moment où se décident beaucoup des effets sonores de l'album (comme on peut également le constater en comparant les différents mixages de Tubular Bells existant : Vinyle original, Boxed, 1ère édition CD, SACD, etc...). C'est un moment où Tom Newman met beaucoup de lui-même, comme le signale Phil Newell : "Tom était surtout le musicien qui voyait Mike comme un virtuose, mais considérait qu'il pouvait également introduire ses propres idées. Alors que quand je travaillais avec Mike, il s'agissait plus de lui rendre l'enregitsrement plus facile afin qu'il puisse se consacrer à l'interprétation sans avoir a trop se concentrer sur la technique, donc nous étions très différent."
 

Parfois, des conflits éclatent entre Oldfield et Newman sur la façon de produire l'album.

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/lonely-bell.mp3&
Tubular Bells part 1 - Cloche solitaire

"Il y avait la cloche solitaire sur la face une quand ça fait "dong, dong". 
Il y avait une pelletée d'autres musiques tournant autour d'elle dans la partie 1, et j'ai pensé que ça serait plus sympa si ça faisait comme la cloche de brume d'un bateau dans le brouillard. Nous avons donc eu un moment où nous tirions tous les faders comme cela il n'y avait plus que ça, et en ajoutant de l'écho, cela donnait l'impression d'être à une très grande distance. C'était mon idée. Mais j'ai du me battre pour l'obtenir car Michael avait une idée différente sur ça. Habituellement, je suggérais des choses qui étaient exagérées, en partie parce que j'étais animé par ce sens du filmique."
Tom Newman, cité dans The Making of Tubular Bells

Newman-desk.jpg
                                                 Tom Newman au pupitre

 


Devant le nombre de sources et la difficulté d'en faire une bonne synthèse (et une rédaction légère), l'article sera probablement fréquemment retouché, amendé et complété durant les mois de septembre et d'octobre.

Sources :
- Mike Oldfield - Changeling
- Richard Branson - Mes Virginités
- Richard Newman - The Making of Tubular Bells
- Phil Newell, entretiens dans les numéros 24 et 25 de Dark Star
- Al Clark - Livret du coffret Boxed



Notes

(1) The Manor est repris dans sa traduction française du Manoir.
(2) La présence de John Cale semble correspondre à l'enregistrement de son deuxième album solo The Academy in Peril. La présence des Bonzo Dogs à l'automne 1972 est plus étonnante -voir le chapitre sur Vivian Stanshall dans la suite de l'article.
(3) Elles semblent avoir été utilisées par John Cale dans 3 Orchestral pieces où on entend faiblement quelque chose qui ressemble a des cloches. Cale a enregistré deux autres morceaux au Manoir : Brahms et Intro (l'introduction de Days of Steam).
(4) les cloches tubulaires ont déjà été jouées sur la partie 1 vers 4 mn 30.
(5) Les deux démos du morceau "Peace" s'achèvent toutes les deux par un thème abandonné dans Tubular Bells mais repris dans Amarok pour la section nommée "Diddlibom"
(6) Sur l'album Gorilla des Bonzo Dog Band - extrait : "Like to introduce `Legs' Larry Smith, drums / And Sam Spoons, rhythm pole / And Vernon Dudley Bohay-Nowell, bass guitar / And Neil Innes, piano. / Come in Rodney Slater on the saxophone / With Roger Ruskin Spear on tenor sax. / I, Vivian Stanshall, trumpet. / Say hello to big John Wayne, xylophone / And Robert Morley, guitar. / Billy Butlin, spoons. / And looking very relaxed, Adolf Hitler on vibes. Nice! / Princess Anne on sousaphone. Mmm.  / Introducing Liberace, clarinet / With Garner "Ted" Armstrong on vocals...



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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 13:35
fliyngstart.jpg


La Toile recèle dans ses filets une ancienne et jolie tentative de fil d'informations francophone sur Mike Oldfield, hélas à la vie trop courte. 

flyingstartech.jpgBien avant la mode des blogs, Geinoh s'était lancé au printemps 2003 dans le projet d'une newsletter portant à la fois sur l'actualité de Mike Oldfield et sur des analyses de fond de ses oeuvres antérieures. La première édition avait été proposée aux membres de la liste de diffusion francophone tubular, et avait été diffusée par mél, puis hébergée sur un site. 

Initié en solitaire par Geinoh, le projet a été renforcé en cours de route par la plume de Fabrice Chotin puis par les corrections de membres de la liste de diffusion tubular, dont l'ami Vinz qui vient nous saluer ici par ses commentaires de temps à autre. Les lettres ont été intégrées au site tubular.free.fr lors de leur cinquième édition.

Démarré avec un rythme ambitieux (1 édition par semaine), le projet s'est arrêté -à ma connaissance- au bout de six éditions pour une raison que j'ai oubliée (il me semble que la raison en était une expatriation de l'auteur, mais je ne suis plus bien sûr des évènements).

Je vous laisse redécouvrir les articles publiés dans ces six éditions, à ce jour toujours accessible sur Internet (quelques liens dans les newsletters sont morts, toutefois).



Flying Start n°1 du 5 mai 2003 - L'album QE2 (1/4) 

Flying Start n°2 du 5 mai 2003 - John R. Chatterton - L'album QE2 (2/4)

Flying Start n°3 du 19 mai 2003 - Loreena McKennitt - L'album QE2 (3/4)

Flying Start n°4 du 27 mai 2003 - Tribute to Mike Oldfield - L'album QE2 (4/4)

Flying Start n°5 du 1er juin 2003 - Les influences celtiques (1/2)
 
Flying Start n°6 du 4 septembre 2003 - The Millennium Bell - Les influences celtiques (2/2)

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 00:15

Ajout du 08/03/08 : Music of the Spheres en vente sur fnac.com et amazon.fr

Music of the Spheres est disponible en pré-commande sur les sites de vente en ligne fnac.com et amazon.fr
Sur fnac.com, un internaute a noté l'album 10/10 et a produit, pour tout commentaire, une ligne recopiée de la fin de cet article du présent blog !



Ajout du 27/02/08 : Sortie du single Spheres

Le site officiel MikeOldfield.com annonce qu'un titre inédit, intitulé Spheres, sera mis en vente (téléchargement uniquement) à partir du 3 mars. 08/03/08 : on peut le télécharger par exemple sur msn.



Ajout du 24/01/08 : Lancement de Music of the Spheres au musée Guggenheim de Bilbao

D'après le blog espagnol mikeoldfieldblog.com, il y aura un concert de lancement de Music of the Spheres le 7 mars 2008 au Musée Guggenheim de Bilbao, avec Mike Oldfield et le Sinfónica de Euskadi ("l'orchestre national du Pays Basque").

En l'état actuel des informations, il semble que cet évènement ne sera pas un concert public mais une présentation à la presse, sans vente de billets.

Il convient donc plus que jamais de guetter l'éventuelle publication de dates de concert en Europe, Mike Oldfield ayant indiqué en 2007 qu'il envisageait de faire une tournée avec un orchestre pour jouer sa nouvelle oeuvre.



Ajouts du 19/01/08 : Le site officiel de Mike Oldfield annonce la sortie de Music of the Spheres

Le site mikeoldfield.com a enfin été mis à jour ! Il s'est mis aux couleurs de l'album Music of the Spheres dont la sortie est annoncée pour le 17 mars 2008. Un compte à rebours égrenne les heures et secondes qu'il reste à attendre...

Par ailleurs, une nouvelle vidéo promotionnelle a ete mise en ligne par le fan club italien de Mike Oldfield. Mike y relate comment l'inspiration lui vient fréquemment de ses ballades en moto...



Ajouts du 14/11/07 :

Encore une bonne et une mauvaise nouvelle

La mauvaise, c'est que (d'après un blog espagnol) Universal Espagne indique que la sortie de l'album Music Of The Spheres en Espagne n'est plus fixée avec certitude à janvier 2008, mais plus largement au premier trimestre 2008... Il est donc hautement probable que ce contretemps soit valable pour les autres pays... (les dernières tendance indiquent début mars 2008).

La bonne (on se console comme on peut), c'est qu'une interview télévisée de Mike Oldfield pour une télévision allemande  a été mise en ligne sur You Tube à http://www.youtube.com/watch?v=6JVzzGfndSE
Ceux qui connaissent cette ville reconnaîtront sans doute le centre ville (Museum Insel) de Berlin. L'entretien date donc probablement du déplacement de Mike à Berlin signalé en septembre (voir plus bas).




Ajouts du 20/10/07 : nouvelles vidéos promotionnelles de Music of the spheres

5 minutes d'entretien avec Mike Oldfield et Karl Jenkins : http://www.amazon.co.uk/gp/mpd/permalink/17144

Trois vidéos sur le site du fan club italien http://www.mikeoldfield.it/mikeoldfield/fanclub.cfm dont la première est celle qui était déjà connue depuis le mois dernier :
- http://www.mikeoldfield.it/mikeoldfield/demo/mots_demo/video.cfm?vidName=MotS_EPK
- http://www.mikeoldfield.it/mikeoldfield/demo/mots_demo/video.cfm?vidName=MO_Intervista (entretien)
- http://www.mikeoldfield.it/mikeoldfield/demo/mots_demo/video.cfm?vidName=MO_Studio_Tour (démonstration dans le studio de Mike Oldfield)



Ajouts du 27/09/07 :

Une bonne et une mauvaise nouvelle

La mauvaise, c'est que la sortie de l'album Music Of The Spheres est reportée à janvier 2008, car Madame Oldfield attend un deuxième enfant pour la fin d'année, ce qui contrarie la disponibilité de Mike pour une promo en novembre...

La bonne, c'est qu'une vidéo promo de l'album a été mise en ligne par le site allemand d'Universal Classics & Jazz à http://www.klassikakzente.de/_ram/promo/oldfield_epk_2007.ram




Ajout du 20/09/07 : à une cinquantaine de jours de la sortie du nouveau Mike Oldfield.

Une soirée de présentation de Music of the Spheres a eu lieu mardi 18 septembre au club Tape à Berlin (dans le quartier de Moabit, au nord de la gare principale). Mike Oldfield y a fait une apparition surprise de cinq minutes au cours de laquelle il a  répondu à quelques questions. Il a notamment indiqué qu'il pourrait éventuellement réaliser d'autres albums classiques si celui-ci venait à plaire au public.

Oldfield-Yellow.jpg                                             Photographie xxamaxx et Umusic



Ajout du 7/09/07 : à deux mois de la sortie du nouveau Mike Oldfield.


Nouveaux extraits de Music of the Spheres : le site tubular.net a posté cinq streams audio (de qualité médiocre) provenant d'Universal :

1. Harbinger

5. The Tempest

7. On My Heart

9. Prophecy

14. Musica Universalis



Texte initial du 14/08/07 :

Le prochain album de Mike Oldfield, Music of the spheres, devrait sortir dans 90 jours. Les choses se sont accélérées pour ce disque dont on savait peu de choses en début d'année, et dont la "promo" vient de commencer pour Mike !

classicfm-logo.gifA la fin du mois de juillet, Mike Oldfield a été interviewé au micro de l'émission Classic Newsnight de la radio britannique Classic FM. Lors de cette émission, où l'on a eu la confirmation de la participation de la soprano Hayley Westenra et du pianiste Lang Lang, deux courts extraits de l'album ont été dévoilés.

Le premier est une référence plus que volontaire à l'inamovible "Tubular bells". D'après le blog espagnol Mikeoldfieldblog.es, il s'agirait du morceau d'ouverture Harbinger.

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/Extrait1.mp3&
Music of the Spheres - Harbinger (début)

Le deuxième est un morceau plus doux diffusé en fin d'interview :

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/Extrait2.mp3&
Music of the Spheres - Harbinger (fin)


Le podcast de l'émission peut être retrouvé depuis le 10 août à http://www.classicfm.co.uk/sectional.asp?id=10074



c-j1.jpgPar ailleurs, le site https://www.classicsandjazz.co.uk présente en "featured artist" Mike Oldfield et son prochain album. Le site dépend d'Universal Music, maison de disques de Mike Oldfield (à travers Mercury Records) (01/2008 : le lien est maintenant ici)

Ce qui suit est une traduction. Attention, promo !!

C-J2.jpg

MUSIC OF THE SPHERES (Musica Universalis) - Un concept philosophique/mathématique de l'antiquité, peut-être initié par Pythagore, qui stipule que la musique est reliée aux mouvements du Soleil, de la Lune et des planètes.


Ce concept considère les proportions dans les mouvements des corps célestes, et la structure de la nature en général, comme une forme de musique. Cette "musique" n'est pas audible littéralement, mais est seulement un concept harmonique et/ou mathématique.

Si les premières mesures du nouvel album de Mike Oldfield, "Music of the spheres", semblent très familières à ceux qui se souviennent de son enregistrement historique du début des années soixante-dix (et qui ne s'en souvient pas ?), alors son auteur n'a aucune intention de s'excuser pour toute similitude, intentionnelle ou non.

"Je fais des séquences de piano répétitives", dit-il, résumant sa signature musicale. "Je suis l'homme à la séquence de piano épétitive".

Effectivement, il l'est. Mais pour des millions d'amateurs de musique, il est plus connu comme l'homme de "Tubular bells". Et il ne seront pas déçus par son nouvel album -la première véritable composition "classique" d'une carrière qui s'étend sur près de 40 ans.

Enregistré en totalité par un orchestre aux studios d'Abbey Road, et comprenant des passages d'invités comme le pianiste Lang Lang et la star du chant Hayley Westenra, "Music of the spheres" se démarque fortement des deux douzaines d'albums qui le précèdent, et en même temps est une tranche instantanément identifiable de "Mike Oldfield classique".

Commençons donc par les choses essentielles. "Je suis sûr que tout le monde va écouter et que la première chose qu'ils diront c'est : il a mis une bon sang de cloche tubulaire dessus," glousse-t-il. "Mais il y a une cloche dans tous les orchestres, donc bien sûr il y en a une dans l'album !"

C'est fort bien jusque là. Mais "Music of the spheres" n'est pas Tubular Bells IV (bien qu'il aurait été plus facile de l'intituler comme ça). Ne demandez pas à Mike de vous expliquer ce que c'est précisément : il pense que la musique la plus transcendente vient d'un endroit plus élevé.

C'est du même endroit que John Lennon prétendait trouver son inspiration. Lennon a décrit une fois comment il vivait pendant les moments où il sentait qu'il n'était qu'un canal pour la "musique des sphères" -et qu'il retranscrivait simplement "comme un médium".

"Je me suis senti comme cela pendant des années," dit Oldfield. "Il y a certainement des moments quand la musique est aussi parfaite qu'elle pourrait être -quelque chose de plus grand que notre petite civilisation et l'ensemble de la création, quelque chose qui est sacré ou presque divin. Ca n'arrive pas très souvent mais quand c'est le cas, ça vaut le coup de le décrire comme de la musique des sphères.

Tout cela est la raison pour laquelle Mike Oldfield sent qu'il y a une force extérieure le guidant dans ses tentatives musicales. "Je suis un peu comme une sage-femme, vraiment," blague-t-il. "J'essaie de mettre la musique au monde sans lui barrer la route. Si je transmets correctement, ça n'a plus qu'à venir".

Evoquer les sage-femmes mène, inévitablement, à la discussion sur la gestation de l'album. "Il y a quelques années, je me demandais quoi faire d'autre," médite Oldfield. "Je pensais que j'avais fait tout ce que je voulais faire. Je jouais avec l'idée de la retraite. Alors, j'ai eu l'idée de faire un album avec un long instrumental. je savais que quelques fans réactionnaires adoreraient. Mais l'idée de le promouvoir et de le présenter ces jours-ci et à cette époque semblait simplement rétrograde."

Finalement, Mike trouva la solution à son dilemne. Il décida de composer la musique, mais au lieu de la jouer lui-même -comme il l'avait toujours fait depuis "Tubular bells" en 1973, quand il avait été célèbre pour le fait de jouer tous les instruments- il laissa cela à un orchestre.

Le résultat est "Music of the spheres", 45 minutes de musique qui renferment tout ce qu'Oldfield représente pour des fans de musique dans une carrière qui balaye des genres du ambient/New age (avant même que chacun de ces termes n'apparaisse), musiques du monde (idem), à travers la musique pop vers la musique de film, avant-garde, électronique et dance

pochette-mots.jpg

Il dit que "Music of the spheres" est le contraire de son dernier album "Light and shade", qui était moitié chill-out, moitié high-energy. "Cette fois, j'ai pensé, à la place d'utiliser des guitares électriques et de la technologie de studio, essayons de le faire avec un véritable orchestre", explique-t-il.

L'orchestration a été arrangée par le compositeur de classique britannique vivant le plus populaire, Karl Jenkins, qui jouit également du statut de co-producteur sur l'album. Pas plus tard que quand ils firent équipe, Mike apprit du gallois qu'ils s'étaient rencontrés auparavant, quand Karl -à l'époque encore un membre du groupe expérimental Soft Machine- joua du haut-bois pour un enregistrement live de "Tubular bells" pour la BBC en 1975.

Aujourd'hui, la paire travaille de façon entièrement différente : Mike enregistre sa musique avec un programme informatique appelé Logic, tandis que Karl, comme la plupart des musiciens classiques, utilise un programme différent appelé Sibelius pour créer la notation musicale. D'une façon ou d'une autre, ils ont trouvé une manière de rendre les deux méthodes compatibles.

L'étape suivante pour oldfield était d'enregistrer tout l'album avec des échantillons d'orchestre avant de l'apporter à Jenkins pour le ré-enregistrer avec un orchestre de musiciens classiques aux studios d'Abbey Road. "Par moments", confesse Mike, qui vagabondait dans le studio pendant les enregistrements, "j'étais presque ému aux larmes par la beauté de la musique".

L'étape finale fut le mixage : un process qu'Oldfield prend plus au sérieux que beaucoup de ses contemporains, et qui peut complètement changer le son de la musique. "Le mixage est aussi important pour moi pour le son défintif que l'écriture des notes," explique Mike. "Ce que nous avons enregistré à Abbey Road est quasi méconnaissable maintenant."

Comme d'habitude avec Mike Oldfield, le résultat est difficile à étiquetter. C'est "classique" avec des moments qui rappellent Sibelius et Holst, mais ce n'est pas une symphonie, et d'autres parties sont plus des réminiscences de Steve Reich et Philip Glass. C'est un changement, mais cela contient des éléments familiers, en paticulier le style caractéristique de Mike à la guitare classique. A d'autres moments, en particulier dans des passages frappants de choeur, c'est plus en relation avec le propre répertoire de Karl.

Quoiqu'il en soit, c'est une collaboration qui ouvre de nouveaux territoires pour les deux hommes -et une formidable addition au catalogue riche et varié de Mike Oldfield, une énigme dont le seul guide philosophique est la détermination de rester fidèle à sa vision.

"La spiritualité influence définitivement ma musique," conclue-t-il. "La chose la plus importante est de faire de la musique qui reflète que nous faisons partie du monde naturel mais que nous avons cette capacité à voir un autre côté de l'existence, le côté spirituel, et l'élégance de la nature.



c-j3.jpg
Mike Oldfield a toujours été célèbre pour son approche non conventionnelle de la musique. Tout au long de sa carrière, il a cassé régulièrement des frontières musicales, et avec Music of the spheres il continue dans cette voie.

Prenant ses influences chez Holst et Rachmaninov autant que chez Steve Reich et William Orbit, cette oeuvre est classique par nature, mais est également immédiatement identifiable comme du "Mike Oldfield classique". Avec un orchestre entier et un choeur, et avec des parties solos de Mike lui-même à la guitare, de la soprano légendaire Hayley Westenra et du pianiste renommé Lang Lang, c'est une oeuvre avec une immense envergure émotionnelle et musicale. Et tandis que le morceau était entièrement conçu, produit et écrit par Mike, afin de traduire ses idées dans la notation classique traditionnelle arrangée pour les musiciens, il s'est tourné vers le compositeur de classique populaire moderne Karl Jenkins. 

Le titre du morceau est une référence à quelque chose que Mike ressent fortement : que toute la musique devrait avoir pour but de représenter le spirituel, ou des éléments de vie détachés de ce monde : quelque chose au delà du terre-à-terre et du quotidien. En cela, il a vraiment réussi.

Music of the spheres est tour à tour épique, tendre, mélancolique et triomphant. C'est l'oeuvre d'un compositeur qui par dessus tout peut faire de la musique magnifique et substantielle, quels que soient le genre et l'instrumentation.

Liste des morceaux :

1. Harbinger
2. Animus
3. Silhouette
4. Shabda
5. The Tempest
6. Harbinger Reprise
7. On My Heart (avec Hayley Westenra)
8. Aurora
9. Prophecy
10. On My Heart Reprise (avec Hayley Westenra)
11. Harmonia Mundi
12. The Other Side
13. Empyrean
14. Musica Universalis




c-j4.jpg

Enfin, on attend beaucoup que se remplisse cet onglet qui ouvre sur une page encore blanche !!




amazon-logo.gifPour terminer (provisoirement), la fiche de l'album sur le site amazon.co.uk s'est enrichie d'un commentaire explicatif de Mike Oldfield : 


Par l'artiste
Music of the Spheres de Mike Oldfield

Dans ce monde, tout a une pulsation ou une vibration. Ce son est spécifique à chaque être vivant ou inerte et crée par lui-même une musique que nul ne peut entendre. Je crois que cela a une résonance très puissante et un effet profond sur nos vies. Qu'arriverait-il si nous poussions cela plus loin et l'appliquions a des choses plus grandes, plus puissantes ; comme un système solaire entier, ou une galaxie, quel son cela aurait-il ?

Musica Universalis est la théorie ancienne qui pose que tout corps céleste, le soleil, la lune et les étoiles ont une musique interne. C'est un concept harmonique et mathématique dérivé des mouvements des planètes dans le système solaire. La musique créée est inaudible à l'oreille humaine.

Music of the Spheres est mon interprétation de cette théorie. Chaque planète et chaque étoile, même l'univers tout entier recèle une musique que nul ne peut entendre, ceci est le son qu'il y aurait si cette musique était libérée. C'est la musique des sphères.
Mike Oldfield.




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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 23:12

Maestro.jpg

Vers juin 2007, Mike Oldfield a mis en ligne sur son site officiel www.mikeoldfield.com de nouvelles versions de ses jeux "pacifiques" Maestro et Tr3s Lunas en téléchargement gratuit. Le site a depuis été remanié et fermé et ces liens ont été perdus. Ils ont été rétablis début 2010 grâce à l'initiative de tubular.net et l'on peut de nouveau télécharger gratuitement Maestro (70 MB) et Tr3s Lunas (54 MB).

Mike Oldfield avait commencé à travailler sur son projet de Music VR autour de 2000-2001 et avait sorti des mp3s destinés à servir de bande son à son jeu en projet. Un premier jeu, Tr3s Lunas, a été sorti conjointement à l'album du même nom, au printemps 2002 (l'album contenait un CD-R avec démo du jeu). Puis en mars 2004, le jeu Maestro a été mis en ligne, avec -si je me souviens bien- une démo du nom de Tube World.

Faute de succès, Mike Oldfield a ensuite abandonné cette voie dans laquelle il a dépensé beaucoup de temps et d'argent. Cet épisode de sa vie d'artiste est évoqué à la page 248 de son autobiographie Changeling (passage juste avant celui qui avait déjà été traduit ici) :


ouvrezlesguillemets.jpgAu début du nouveau millénaire, je me sentais vraiment épuisé. J'ai songé,  'que vais-je faire maintenant ?' Rob Dickins m'avait donné un exemplaire d'un jeu pour ordinateur appelé Myst, que j'avais beaucoup aimé. J'avais besoin de changement et j'avais aimé travailler moi-même sur le matériel interactif, donc je me suis dit qu'il fallait que je tente la réalisation d'un jeu complet en 3D, en utilisant de la musique. Je l'ai appelé Music VR, réalité musical virtuelle. J'ai acheté un calculateur de graphiques très cher : depuis ma première tentative, en 1994, les ordinateurs étaient devenus vingt fois plus puissants et plus rapides. Au début, j'ai travaillé avec un ou deux graphistes mais en fin de compte j'ai décidé de tout reprendre depuis le début, de travailler avec un développeur et de concevoir notre propre moteur graphique. Ca a pris un ou deux ans, mais je me suis amusé formidablement.

Le résultat a été un jeu pour ordinateur que j'ai appelé Tres Lunas. Je l'ai envoyé à tous les éditeurs de jeu mais personne n'était interessé ; ils ne voulaient que des jeux informatiques normaux, des jeux de voiture bourrés d'adrénaline ou des shoot-'em-ups, donc j'ai fini par le sortir moi-même. Nous avons eu une première adorable à Valence, dans ce qu'ils appellent la Cité des Arts et des Sciences. Il y avait un planétarium là-bas, et je me souviens d'avoir montré le jeu aux journalistes sur l'écran du planétarium.

Au total, nous avons vendu environ trois mille exemplaires. Ca n'a été rentabilisé en aucune façon, cela a coûté plusieurs centaines de milliers de livre à faire. Quoqu'il en soit, il est sorti maintenant, il y a une minuscule communauté, et quelques personnes l'aiment. J'espère que quelqu'un à l'avenir fera quelque chose dans ce goût-là, et c'est agréable d'avoir apporté une petite contribution à quelque chose qui n'est ni corrosif ni destructeur pour l'esprit des gens, en particulier des enfants. C'était une impasse créative ; que ç'ait été en avance sur son temps ou une perte de temps je ne sais pas, mais ce n'était pas perdre mon temps - j'ai aimé ça.fermezlesguillemets.jpg


Tres-Lunas.jpg


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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 22:58

Voici le premier article d'une série qui sera adaptée de l'excellente "Tourography" établie par le chroniqueur indépendant Mark Slattery pour le fanzine Dark Star. L'auteur a donné l'autorisation pour ces traductions et la publication sur ce blog. Des détails ont été corrigés ou complétés d'après les informations figurant sur le site allemand www.tubular-world.com.


 

1980 - "THE CONCERT" (TOURNEE PLATINUM)

Dates
9 avril : Loughborough (R.-U.) - 11 Lancaster (R.-U.) -12 Strathclyde (R.-U.) -13 Dundee (R.-U.) -14 Bradford (R.-U.) -? Stockholm - 17 Copenhagen - 18 Kiel - 19 Berlin - 21 Dusseldorf - 22 Munster - 23 Francfort - 24 Cologne - 25 Brême - 26 Hanovre - 28 Vienne - 29 Munich - 30 Heidelberg
4 mai - Ipswich (Gaumont) - 5 Croydon (Fairfield Hall) - 6 Bournemouth (Winter Gardens) - 8 Portsmouth (Guildhall) - 9 Gloucester (Leisure Centre) - 10 Oxford (New Theatre) - 11 Oxford (New Theatre) - 13 Brighton (Centre) - 14 Stafford (Bingley Hall) - 15 Manchester (Apollo) - 17 & 18 Edimbourg (Usher hall) - 19 & 20 Glasgow (Apollo) - 22 Newcastle City Hall - 23 Preston (Guildhall) - 24 Sheffield (City Hall) - 25 Bristol (Colston Hall) - 26 Southampton (Gaumont) - 27 Poole (Arts Centre) - 28 & 29 Londres (Stade de Wembley) - 31 Dublin (Royal Dublin Society Hall)
? juin Rotterdam (De Doelen) - ? Bruxelles (Forest National) - ? Paris (Palais Omnisport) - ? autres dates en France ? - 17 juin Stockholm (Konserthuset) - 21 Knebworth (Fayre Park) - 28 Dundonald (Playing Fields) - 29 Cork (McCroom Castle)

Musiciens (Mike Oldfield +10)
Pierre Moerlen (batterie), Nico Ramsden (guitare), Benoit Moerlen (vibraphones), Hansford Rowe (basse), Tim Cross et Pete Lemer (claviers), Pete Acock (saxophone, flûte, calrinette), Mike Frye (percussions), Wendy Roberts & Maggie Reilly (chant). 

Morceaux joués (en général)
Platinum, I Got Rythm, Punkadiddle, Incantations, Tubular Bells, Guilty, Ommadawn pt 1, Blue Peter, PortsmouthPolka, la Marche de Radetzky, Blaydon Races. Ian Emes a réalisé cinq films projetés en toile de fond.





1980---The-Concert.jpgLa tournée de 1979 eu un impact sur Mike qui influença la tournée suivante. Le 5 janvier 1980, il déclara à SuperPop, "J'ai très peur à l'idée de reproduire une grosse erreur comme ça. Donc je vais faire beaucoup plus attention cette fois. J'envisage même de chercher quelqu'un pour me sponsoriser. Guinness peut-être. J'aime la Guinness." La tournée suivante fut produite par un homme appelé Andrew Miller, et Mike emmena aussi Sally (Cooper) et Molly avec lui pour, selon lui, préserver leur relation et son bien-être.


La tournée eu lieu après la sortie de Platinum et Mike déclara à Smash Hits "Nous voulons jouer dans des petites salles, dans une vingtaine de villes. Ensuite nous irons en Ecosse, en Irlande du Nord et à Dublin." Il devait y avoir une tournée aux U.S.A. à l'été 1980. Wendy Roberts se souvient d'avoir reçu un itinéraire mais, pour une raison ou une autre, la tournée n'eut pas lieu. Au concert de Gloucester, Mike offrit 10 Livres à la personne qui danserait le mieux sur 'Guilty'. Cela n'eut lieu qu'une seule fois.


La deuxième tournée fut entreprise avec un groupe de dix musiciens - "bien que ce soit encore trop grand", dit Mike au Melody Maker - et il confessa qu'il continuait à se crisper lorsqu'il y avait des erreurs et admit qu'il voulait atteindre la perfection technique au lieu de fournir un spectacle au public, et qu'il réduirait le groupe à six musiciens pour la prochaine tournée.


Knebworth-Roberts.jpgKnoebworth-Oldfield.jpgA Vienne dans la Stadhalle,  le 28 avril 1980, Mike joua Polka enchaînée avec la Marche de Radetzky, enregistrée et sortie en face B d'Arrival. La musique jouée aux concerts comprenait Tubular Bells, Ommadawn, Incantations, et Platinum, avec Guilty. Lors de son apparition à Southampton le 26 mai, des films d'animations accompagnaient la plus grande partie du spectacle. Le décor comprenait deux papillons géants dont les ailes s'ouvraient au final et les chanteuses étaient habillées dans un style années 20. Pour Punkadiddle, il y avait un dessin animé d'un gorille géant dont les yeux tournaient autour de la scène.


Le 29 juin 1980, Mike joua à Cork avec Van Morrison, Lindisfarne et les Chieftains. Le Cork Examiner écrivit : "Les débats se sont ouverts d'une façon splendide quand Mike Oldfield et son groupe de 10 musiciens sont montés sur scène et ont fait une démonstration qui a complètement relégué dans l'ombre un Morrison pourtant plus célèbre et plus médiatisé. Oldfield a joué une nouvelle version de la première partie du célèbre instrumental Tubular Bells, dans lequel le xylophone produisait un effet énorme. Malgré les problèmes de feedback, notamment avec la basse, cet arrangement a été énormément apprécié par la foule qui a fait une standing ovation à la fin. Il a aussi joué un nouvel arrangement d'Ommadawn, une de ses oeuvres préférées. Les choeurs de Maggie Reilly, auparavant membre de Cado Belle et Staglee, sont sortis du lot, ainsi que des passages de guitare scintillants d'Oldfield. Ceci aussi a été très apprécié. Son rappel a consisté en des airs irlandais traditionnels joués à la guitare électrique, recevant un accueil énorme du public."



Kneb80.jpgCela nous mène au fameux concert de Knebworth qui figure sur la vidéo "Essential". Led Zeppelin fut tête d'affiche en 1979. Cette année là, les organisateurs avaient obtenus une autorisation pour 100,000 personnes et 200,000 sont venus. L'argent du promoteur fut pris par le manager de Led Zeppelin (Peter Grant), ce qui le contraignit à la liquidation. Les voisins se plaignirent, les concerts débordèrent et le château de Knebworth fut poursuivi pour non respect des autorisations.

Les concerts de 1980 étaient donc une affaire délicate. Les organisateurs avaient du laisser un dépôt de garantie à la municipalité en cas de non respect des autorisations. En tête d'affiche il y avait les Beach Boys, Mike Oldfield jouant juste avant eux, plus Elkie Brooks, Lindisfarne, le Blues Band et Santana.

L'investissement était de 500,000 Livres et l'autorisation était pour 100,000 personnes. Mais une semaine avant l'évènement, seulement 25,000 billets étaient vendus. Capital Radio couvrit l'évènement (67% de ses auditeurs avaient plus de 25 ans). Environ 43,000 personnes vinrent au bout du compte, selon les promoteurs. Les Beach Boys, Mike et Santana avaient tous fait Wembley dans les semaines précédentes. Le présentateur était Richard Digance. Elkie Brooks joua pendant 40 minutes et il commença à pleuvoir.

Selon Chrissie Lytton Cobbold, la propriétaire de Knebworth, Mike joua "des morceaux de Tubular Bells et plusieurs de ses albums suivants Hergest Ridge, Ommadawn et Incantations". Cela ne paraît pas tout à fait exact. Elle conclua que, "De tout point de vue -sauf financièrement- le festival de 1980 avait été un grand succès". Une critique de l'époque dit que :''le problème était qu'on dirait que le programme a été fait par quelqu'un qui semble avoir été anesthésié il y environ 7 ans." [Extrait du "Knebworth Rock festivals" par Chrissie Lytton-Cobbold pp. 66-74, Omnibus Press ISBN 0-7119-0774-9].


Plus tard cette année, le 20 septembre, eut lieu le vol dramatique de Barcelone à San Sebastian au cours duquel l'avion de Mike givra et fut secoué par une tempête au dessus des pyrénées. La chanson Five Miles Out a été basée sur cet évènement. Le 31 octobre sortit QE2.


La première conséquence pour Mike sur sa deuxième tournée fut pécunière. Après QE2, il dit, "Je ne veux plus perdre de l'argent. Vous voyez, dans cette première tournée, je voulais vraiment prendre la responsabilité de la totalité -maintenant je prendrais quelqu'un pour s'occuper de l'orchestre. Ils sont presque tous des membres du syndicat des musiciens et ils se sont presque mis en grève contre nous près de huit fois. Dès qu'ils voient une caméra de télé, ils se mettent à demander de l'argent. J'en suis même venu à songer à faire des concerts complètement seul."


Mike consacra un long entretien à Mal Reading sur radio Independent, où il fit part de ses réflexions sur quelques thèmes-clés de ses concerts. "C'est de la musique extrêmement difficile à jouer en concert parce que si vous voulez la faire correctement, il vous faut au moins cinquante personnes. Ca peut vouloir dire avoir quatre guitaristes, et j'ai essayé ça, j'ai essayé de faire la moitié des concerts avec un orchestre, et ce à quoi je suis arrivé depuis c'est de n'avoir que quelques personnes qui sont impliqués dans ce type particulier de musique. Et je trouve que l'esprit est présent même si ça n'est pas pareil que sur le disque. La façon de faire la plus satisfaisante, c'est de prendre un nombre de personnes gérable, des musiciens totalement dévoués à la musique."

"L'idée d'aller à Londres et même dans une ville comme Hereford était un peu répugnante. L'idée d'aller en Amérique et d'y faire un énorme concert était vraiment la dernière chose que je voudrais faire."

qe2-concerts.jpg"Pour QE2, ce que j'ai fait avec le groupe que j'avais pris en mars et qui comprenait 12 musiciens. Vous voyez, la première fois il y en avait 50, puis c'est descendu à 12, et j'ai trouvé que même 12 étaient encore trop, trop de gens. Ca a donc été affiné à 6 y compris moi-même, et c'est le plus solide que j'ai jamais eu. Si quelqu'un m'avait dit il y a deux ans que j'aurai pu me contenter de six personnes, j'aurais dit non, n'importe quoi. Mais en fait c'est plus facile, parce qu'il y a plus de communication et vous avez du temps pour vous parler. Notamment, comme il y a moins de gens, chacun doit donner plus. Si vous avez beaucoup de personnes, vous tendez à ne pas en faire autant que s'il y en a juste quelques uns."

"J'ai trouvé que ça marchait mieux en tournée d'avoir une attitude plus socialiste avec les gens avec qui je travaille, en leur donnant une partie des bénéfices et des choses comme ça, pour faire du spectacle leur spectacle, notre spectacle. Plutôt que de faire ce que j'ai fait sur la tournée précédente c'est à dire -"je suis le chef, vous devez faire ce que je dis pour avoir vos salaires"- tout ce que trouvé est que ça me laissait un peu à l'écart et ça causait un ressentiment amer. Je veux partager les choses dans ma propre musique, notamment les concerts."


L'expérience de Mike avait adouci sa philosophie relative à la gestion des hommes, mais il est clair qu'à cette époque, il y avait toujours une tension pour lui entre reproduire à la perfection la musique enregistrée et  la rafraîchir avec des versions réinventées pour correspondre aux exigences sonores d'un concert. Il sembla se concilier pour avancer avec moins de musiciens principalement parce que c'était moins cher et plus facile.




SEPTEMBRE 1980 : CONCERTS QE2

Dates
19 septembre : Barcelone - 20 San Sebastian - 21 Alicante - 23 Madrid - 25 Lisbonne - 26 Porto - 27 Venise - 28 Pontevedra

Musiciens (Mike Oldfield +5)
Maggie Reilly (chant), Tim Cross (claviers, vocoder), Mike Frye (batterie, percussions), Rick Fenn (basse, guitare), Morris Pert (batterie, percussions). 

Morceaux joués (en général)
Taurus 1, Sheba, Mirage, Platinum pt1, Platinum pt2, Platinum pt4, Ommadawn pt 1



DECEMBRE 1980 : CONCERTS TELEVISES

Dates
décembre ? Edimbourg Gateway Theatre - 20 Dortmund [passages télé]

Musiciens (Mike Oldfield +5)
Maggie Reilly (chant), Tim Cross (claviers, vocoder), Mike Frye (batterie, percussions), Rick Fenn (basse, guitare), Morris Pert (batterie, percussions). 

Morceaux joués
Taurus 1, ShebaPlatinum pt1, Platinum pt2, Platinum pt3, Platinum pt4, Tubular Bells pt 2, Tubular Bells pt1, Silent Night



Le 20 décembre 1980, Maggie Reilly chanta Silent Night, Holy Night (Douce nuit, sainte nuit) pour la première fois à la Westfalen Halle de Dortmund. Ca n'était pas loin de la nuit où Lennon fut tué - à l'époque où Mike séjournait à New York avec William Murray.


©Mark Slattery
Mark Slattery est un chroniqueur indépendant britannique, qui a collaboré plusieurs fois avec la fanzine Dark Star.
Son site personnel est .
L'article original a été écrit pour Dark Star et traduit par Nicolas Delnatte avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Lire également sur ce blog : l'article sur l'album Platinum

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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 23:00

Article mis à jour en juillet, août et septembre 2007

Les péripéties plus récentes autour de cet album figurent dans cet article.

Mon avis sur l'album est présenté en partie dans cet autre article.


Depuis la sortie de Light + Shade, en septembre 2005, Mike Oldfield est resté très actif sur le plan de la promotion :
- il a sorti sa compil' Platinum Collection sortie en mars 2006,
- il a participé aux Nights of the Proms allemandes et espagnoles fin 2006-début 2007,
- il a fait paraître son autobiographie Changeling en mai 2007.

Les nombreuses interviews qu'a accordé Mike Oldfield pour ses promos ont également permis de suivre le développement de son nouveau projet : un album de musique instrumentale de facture complexe, inspiré par la musique classique.

En 2006, pendant sa promo pour The Platinum Collection, Mike disait de son projet en cours que ce serait
- un retour à un genre de musique instrumentale de facture plus complexe, dans la veine de ses premiers albums,
- un album en trois parties (il est finalement en deux parties),
- un album inspiré par la musique classique, qu'il écoute souvent (car son épouse Fanny écoute une radio classique),
- le retour à "de vrais doigts sur de vrais instruments", sans recours à des séquenceurs.


notp.jpg


Après cela, Mike a participé à la tournée Nights of the Proms, à l'automne-hiver 2006-2007 en Allemagne (18 dates) et en Espagne (2 dates) où il a joué des extraits de Tubular Bells, d'Ommadawn ainsi que deux chansons, le tout accompagné d'un orchestre symphonique et de choeurs. Cette expérience a peut-être contribué à orienter le projet de façon plus nette vers la musique classique. En effet, les interviews données depuis la tournée allemande nous ont appris que :

- l'album sera de la musique pour orchestre classique, piano et guitare acoustique,
- Mike Oldfield jouera lui-même du piano et de la guitare acoustique,
- il n’y aura pas du tout de guitare électrique (pour la première fois sur un album d’Oldfield),
- les parts pour orchestre ont été transcrites sur partition avec le programme Sibelius et adaptées par Karl Jenkins (Soft Machine, Adiemus),
- l’enregistrement de certaines parties a lieu à Abbey Road et des séances ont eu lieu à partir du 6 juin,
- au 5 juillet, l'enregistrement a été terminé
- la chanteuse soprano Hayley Westenra participe à l’album, de même que le pianiste Lang Lang,
- l’album s’intitulera Music of the Spheres,
- il devait initialement sortir le 12 novembre 2007, chez Mercury Records (et non pas Universal Classics comme cela avait été annoncé par un journal britannique), sous le numéro de catalogue 4766206, comme l'indiquent les fiches de l'album déjà consultable sur les sites HMV et play.com. La sortie a depuis été repoussée : voir cet article.


  jenkins.jpg   hwestenra.jpg
                                          Karl Jenkins - Hayley Westenra

Langlang.jpg                                                                             Lang Lang

Le forum du site tubular.net a relayé une information d'Universal indiquant que l'album sera sorti le 12 novembre 2007 (date ensuite repoussée) en CD et en USB flash, mais surtout communiquant la liste des morceaux présents sur l'album. Voici cette liste : 

Part 1
1.   Harbinger - 04.08  avec Lang Lang au piano
2.   Animus - 03.09  avec Lang Lang au piano
3.   Silhouette - 03.19  avec Lang Lang au piano
4.   Shabda - 04.00
5.   The Tempest - 05.48  avec Lang Lang au piano
6.   Harbinger (reprise) - 01.30  avec Lang Lang au piano
7.   On My Heart - 02.27  avec Hayley Westenra

Part 2
8.    Aurora - 03.42
9.    Prophecy - 02.54  avec Lang Lang au piano
10.  On My Heart (reprise) - 01.16
11.  Harmonia Mundi - 03.46
12.  The Other Side - 01.28
13.  Empyrean - 01.37
14.  Musica Universalis - 06.24

Durée du disque :  45.30

Plus récemment, le site tubular.net a dévoilé le projet de pochette de l'album, que voici :


pochette-mots.jpg

Les dernières informations qui ont filtré sur l'album sont apparues sur le site allemand http://www.tubular-world.com/ et sur le forum du site international http://tubular.net (postées par manintherain). Elles concernent les musiciens crédités sur l'album.

Ainsi l'orchestre qui a été assemblé pour l'occasion est baptisé le Sinfonia Sfera Orchestra.

Dirigé par Karl Jenkins, il comprend les musiciens de la liste suivante : 

Premiers violons :
Richard Stutt, Judith Temppleman, Tom Piggott-Smith, Harriott McKenzie, Tristan Gurney, Jemma McCrisken, Amy Cardigan, Joanna McWeeney, Gillan Cameron, Louisa Adridge, Kotono Sato, Jeremy Morris, Miriam Teppich, Vladimir Naumov.
Seconds violons : Peter Camble-Kelly, Emma Parker, Sophie Appleton, Jenny Chang, Holly Maleham, David Lyon, Nicholas Levy, Joanna Watts, Lucy Hartley, Jo West, Sarah Carter, Elizabeth Neil.
Altos : John Thorn, Rachel Robson, Edward Vancerspar, Emma Owens, Vincent Green, Olly Burton, Rachel Dyker, Sarah Chapman, Fay Sweet, Holly Butler.
Violoncelles : Sally Pendlebury, Jonny Byers, Chris Worsey, Verity Harding, Chris Fish, Lucy Payne, Morwenna Del Mar, Ben Trigg.
Contrebasses : Sian Hicks, Hugh Sparrow, Jeremy Watt, Kylie Davis, Frances Casey, Ben Griffis.
Flutes : Gareth Davis, Juliette Bausor.
Hautbois : Roy Carter, Rosie Jenkins.
Clarinettes : Chris Richards, Nick Ellis.
Bassons : Steven Reay, Louise Chapman.
Cors : Peter Francomb, Dave Tollington, Joe Walters, Evgeny Chebykin.
Trompettes : Gareth Small, Edward Pascal, Tom Watson.
Trombones : Simon Willis, James Adams.
Trombone basse : Rob Collinson.
Tuba : Alex Kidston.
Timbales : Steve Henderson.
Percussions : Gary Kettel, Paul Clarvis, Sam Walton, Neil Percy.

Choeurs : Mary Carewe, Jacqueline Barron, Nicole Tibbels, Mae McKenna, Heather Cairncross, Sarah Eyden


En début d'année 2007, Mike annonçait que le thème de l'album serait basé autour de l'ancien festival d'Hallowe'en c'est à dire la fête rituelle celtique de passage à l'hiver, connue également sous le nom de Samain en France. Plus récemment, Mike Oldfield a indiqué que son album s'intitulerait Music of the Spheres. Cette appellation correspond au principe de la Musica Universalis (en français Harmonie des sphères), une théorie qui pose le principe que les mouvements des corps célestes sont régi par des lois, des proportions et des harmonies similaires à celles qui régissent la musique. Tout semble indiquer qu'on n'aura pas affaire à un album "concept" aussi fort que The Songs of Distant Earth dans la mesure où la thématique semble ici interchangeable, à moins que Mike ne soit parti d'idées de saisons/mouvements, un principe que pourrait recouvrir aussi bien le thème d'Hallowe'en que celui des sphères célestes... Les titres des morceaux de l'album ayant plutôt l'air abstrait, on attend les notes dans le CD...

Sur le plan musical, la seule composition à laquelle on pourrait penser est le morceau "Mont Saint-Michel", sur l'album Voyager. Mais la participation de Karl Jenkins (les arrangements de "Mont Saint-Michel" étant de Robin Smith) et d'Hayley Westenra vont teinter Music of the Spheres d'une touche plus lyrique.



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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 22:00

(Chanteuse soprano pressentie sur le prochain album de Mike Oldfield)


westenra.jpgHayley Westenra est née le 10 avril 1987 à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Elle semble douée d'une excellente oreille musicale dès l'âge de six ans et est encouragée à étudier la musique (violon, piano, flûte, chant). A l'âge de douze ans, elle enregistre en indépendante un album qu'elle presse en petites quantités, et elle est peu après repérée par les médias néo-zélandais, puis signée par le label Universal de Nouvelle-Zélande, qui lui fait enregistrer un album solo en 2001.

Elle signe ensuite chez Decca Records (groupe Universal) et publie, en 2003, son album Pure, qui reçoit une diffusion mondiale. L'album contient des chants classiques, de la musique pop et des chants traditionnels maori. Il devient l'album à démarrer le plus vite dans les classements britanniques. 2 millions d'exemplaires ont été vendus grâce à une promo qui cible la télévision et un public jeune (Hayley a chanté dans la B.O. de Mulan II).

Installée à Londres, Hayley Westenra publie en 2005 l'album Odyssey, qui marque son virage vers la musique celtique (toujours mêlée de classique, de pop et de New Age). Elle rejoint ensuite le collectif Celtic Woman, et participe à leur second album A New Journey. Elle effectue également une tournée avec eux en 2007.

En février 2007, encore âgée de 19 ans, elle a sorti son troisième album solo international : Treasure (Celtic Treasure dans certains pays). L'album contient des compositions originales et des reprises de traditionnels, comme le fameux "Danny Boy", que le père de Mike Oldfield jouait à la guitare à ses enfants.

Celtic-Treasure.jpg

Elle serait entré en studio avec Mike Oldfield et Karl Jenkins le 6 juin dernier pour des sessions d'enregistrement, en vue du prochain album de Mike, Music of the Spheres.

La voix de Hayley Westenra se situe dans la grande tradition des voix celtiques à la Loreena McKennitt et Enya, mais dans un timbre plus soprano (aigu) et une virtuosité vocale qui lui permet d'aborder le répertoire classique. Le résultat est un mélange des ambiances de McKennitt (morceaux amples et somptueux) et de classique.

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/50/67/Extraits/Hayley-Westenra----Danny-Boy--extrait-.mp3&
Hayley Westenra - Danny Boy

Site officiel d'Hayley Westenra



L'article est écrit d'après les informations trouvées sur la page de wikipédia consacrée à Hayley Westenra.
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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 23:00

Voici une traduction un peu plus conséquente de Changeling, l'autobiographie de Mike Oldfield : les huit pages traduites, prises par-ci par-là dans les chapitres 9 et 10 du livre, tournent toutes autour de la réalisation de l'album Hergest Ridge. Note : les photos ne viennent pas du livre. 


[La traduction commence après la description du concert de Tubular Bells au Queen Elizabeth Hall en juin 1973, puis de l'enregistrement du concert pour la BBC en novembre de la même année]

ouvrezlesguillemets.jpg

9. THE BEACON - 1974

[...]

A part ça, ma mémoire de cette période a disparu : tout est assez brumeux. C'était une période très étrange pour moi, un peu comme un tourbillon. Je ne faisais pas vraiment attention à ce qui se passait à la maison, dans le sens où j'étais passé à autre chose. Mes parents n'étaient pas venus au concert ; les parents faisaient partie d'un monde et les enfants d'un autre. C'est comme ça qu'étaient les gens à l'époque.

Je me souviens comment j'avais finalement pu échanger ma vieille Mini pourrie contre ce qui s'est avéré être une Bentley totalement pourrie. Je l'ai emmenée chez Jack Barclay, le concessionnaire Bentley à Berkeley Square, qui m'a dit que la faire réparer coûterait plus que le prix de la voiture. Elle avait l'air magnifique, elle avait cette adorable moquette mais si vous appuyiez trop fort sur le plancher du côté passager, votre pied passait à travers.

A cette époque, j'avais une copine que j'avais rencontré au Manoir et nous voulions vivre quelque part à la campagne. Nous nous sommes mis en route dans la Bentley, pour chercher un lieu, quelque part où habiter. Je me souviens comment nous étions partis en direction de l'ouest, par le pont de la Severn, puis par Ross-on-Wye, ensuite jusqu'à Monmouth et Hereford. Sur un simple coup de tête, nous avons conduit du nord d'Hereford à un endroit appelé Kington, juste sur la frontière galloise. Je me souviens avoir vu là une grosse colline et un club de golf à son sommet, et juste un peu en dessous il y avait une petite maison avec un panneau "à vendre" dessus. Elle avait une vue magnifique sur Kington, et on pouvait voir les montagnes noires au loin.

beacon.jpg

La maison était appelée The Beacon et elle était sur Bradnor Hill, à environ huit cent pieds (NdT : 250 mètres) de haut et sur une pente de quarante degrés. Ca n'était qu'une petite maison, fragilement construite et un peu délabrée, coincée sur cette colline entourée par des fougères et des moutons. C'était assez isolé là haut et le vent soufflait tout autour.

La maison côutait vingt mille Livres. je n'avais même pas regardé à l'intérieur, mais j'ai appelé Richard, disant : "il y a cette maison, est-ce que je peux l'acheter ?". Je pense qu'il l'a  simplement achetée et l'a déduite de mes royalties. Richard était mon manager alors en plus d'être d'être ma maison de disques, et je n'ai donc jamais eu à penser à quoi que ce soit en matière d'affaires. Je lui laissais prendre soin de tout.


[...]


En plus de ses demandes de faire une tournée, de la publicité, des interviews etc., Richard voulait un autre album, une suite. Evidemment j'avais eu un album incroyablement couronné de succès, ils ont du penser, "Que fais-tu -ha ! ha !- tu en fais un autre !". Je savais que mon contrat portait sur dix albums, mais le problème était qu'à ce moment, je ne sentais pas que j'avais une suite en moi : il y devrait bien y avoir quelque chose, un jour, mais je ne voulais pas encore faire un autre album. Toute ma vie -aussi courte qu'elle avait pu être- était allée dans Tubular Bells. Je ne savais pas ce que j'allais foutre après. Je ne voulais qu'un peu d'air.

Je sentais que Richard me mettait la pression pour faire un autre album, mais d'une façon que lui seul sait faire. Richard possède cet enthousiasme contagieux, et quand j'étais avec lui je ne paniquais plus pour quelque raison, je voulais vraiment faire ce que je pouvais pour lui. C'est vraiment catalyseur pour les gens que d'avoir cette sorte d'enthousiasme, et c'est le don de Richard, vous vous sentez vraiment plein d'énergie. Il parvient, avec son sourire et sa manière, à s'entourer de personnes talentueuses qui donneront le meilleur d'elles même pour lui.

Je me souviens d'un coup de fil en particulier. Richard me demandait : "as-tu besoin de quoi que ce soit pour recommencer à écrire de la musique ?"

J'ai dit : "heu, eh bien, il y a cet orgue que David Bedford avait, dans Kevin Ayers and the Whole World ?". Richard m'a demandé quel nom il avait. "Heu, un Farfisa ? Pas un Continental, quelque chose comme un Professional Two". Je me souvenais que c'était un gros machin ancien, tous les boutons étaient peints comme des dragées, en rose et jaune. Le week end suivant, j'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu Richard monter en titubant depuis le parking au bas de la colline, il portait en fait ce monstreux et affreux orgue Farfisa. Bien sûr, je suis descendu et je l'ai aidé à le monter. J'ai trouvé ça plutôt charmant, il aurait pu faire faire ça par quelqu'un d'autre, mais il l'avait apporté lui même.

A la longue, j'ai accepté de commencer à travailler sur un deuxième album, parce que je m'y sentais obligé. Richard voulait que je le fasse, et d'un autre coté, à ce moment je ne savais pas ce que j'allais pouvoir faire d'autre de ma vie. Je ne m'étais jamais vraiment senti comme un musicien ; un musicien était quelqu'un de différent, quelqu'un qui joue dans des orchestres, ou des clubs ou autre. J'avais fini par faire ça, mais je n'avais jamais senti que j'étais à ma place. J'en suis arrivé plus tard à croire que Richard voulait me mettre sur un nouvel album, pas seulement parce qu'il voulait écouter une autre oeuvre de musique magnifique, mais aussi parce qu'il voulait un autre album couronné de succès. C'était là sa raison mais je ne l'ai pas réalisé alors, je pensais qu'il était seulement interessé par la musique.

Avec le Farfisa, on m'avait donné du matériel d'enregistrement, des magnétophones à quatre pistes et une table de mixage. Ce n'était pas du très bon matériel, mais au moins je pouvais faire des démos plus compliquées que ma démo de Tubular Bells avec ses sons les uns sur les autres. J'avais aussi un ou deux morceaux en surplus de mes sessions du dernier album.

Avec tout ça, j'ai commencé à travailler sur quelques idées.


[...]


10.  HERGEST RIDGE - 1975


Je luttais toujours contre mes crises de panique. Toute la culpabilité, la colère émotionnelle, la perte que j'avais vécue dans le passé, tout était là à l'intérieur de moi, comme une boule d'énergie émotionnelle. De nombreuses situations ramenaient des souvenirs de mon enfance : des souvenirs-clés comme la bagarre avec mon père étaient sucsités par certaines choses, comme par exemple si je me sentais menacé physiquement. Si je ressentais une injustice, là c'était important, cela connectait à beaucoup de choses. Je me sentais souvent complètement hors de contrôle, quasiment un automate à cause de mes peurs profondément ancrées et de mon conditionnement psychologique.

Je suis sûr que c'est la même chose pour tout ceux qui se sont occupé ou ont vécu avec une personne malade pendant beaucoup d'années : on commence à la détester. Avec le temps le ressentiment se développe et vous vous trouvez à la détester pour tout le stress qu'elle vous cause. En même temps, une autre part de vous pense, "je ne devrais pas faire ça, je devrais être gentil et généreux." Cela vous remplit de culpabilité. Pour moi, cela se reliait avec toutes les autres choses, comme mes années d'enfance et comment j'avais été endoctriné par mon éducation catholique, quand on m'avait enseigné que la culpabilité est un péché. Tout cela devient un cercle vicieux.

Principalement, je dominais tout ça avec de l'alcool ; je buvais trop, mais c'était pour supprimer les crises. Je n'aimais pas prendre des médicaments de toute sorte, mais j'avais tout le temps un Valium dans mon portefeuille : occasionellement, quand j'avais une crise de panique, je grignotais un peu le cachet. Pour certaines personnes, la seule issue est de prendre des tranquillisants mais je ne voulais pas finir comme ma mère, qui était dépendante de médicaments prescrits.

J'aimais être là haut à Bradnor Hill, et être dehors au beau milieu de la campagne me mettait à l'abri de la panique. En face de la maison, il y avait cette magnifique, longue colline striée appelée Hergest Ridge. Au sommet se trouvait cet étrange rocher nommé The Whet Stone, un point de repère célèbre qui, paraît-il, datait des temps préhistoriques. Je commençais à faire des modèles réduits d'avions, avec la même sorte d'attention méticuleuse que j'avais apprise de mon père. Je m'y suis vraiment intéressé. Je me sentais en paix là bas sur la crête, seul avec mes maquettes. 


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Je trouvais les animaux très apaisants, donc à un moment j'ai décidé d'avoir deux chiens, des lévriers afghans. Je pensais qu'ils étaient mignons, mais, mon Dieu, ils étaient affreux. J'ai eu un problème terrible avec l'agriculteur, car ils chassaient tous les moutons sur Bradnor Hill et en ont tué un ou deux. J'ai du m'en débarrasser, donc j'ai acheté un couple de chats persans à la place.



Quand tout s'accumulait, je pouvais me réfugier dans mon univers musical. C'était comme un cocon autour de moi, tout à l'intérieur était si beau et sûr. Je pouvais imaginer que chacun des instruments disait quelque chose -la basse n'était pas seulement une guitare basse, c'était une grande personnalité, profonde. La musique m'était aussi familière que la voix humaine et le langage humain, avec ses propres mots et phrases. Tout se tenait, dans cette logique musicale.

C'était comme si j'étais un extra-terrestre, se souvenant de ce que c'était que d'être sur sa propre planète, où les gens ne parlaient pas, ils chantaient et émettaent des sons musicaux comme moyen de communication. Si j'éteignais mon "appareil de traduction de langage", tout ce que je pouvais entendre était un son flou et du charabia. Une vraie voix humaine qui parle n'est pas du tout un son agréable, la plupart du temps. Il y a des langues qui recèlent quelques sons affreux -les sons gutturaux étranges de plusieurs langues européennes, par exemple- ce n'est pas du tout une façon très élégante de communiquer. Tandis que le magnifique monde musical était plus gracieux, une sorte de nirvana dans la musique, un lieu de sécurité dans lequel je vivais et qui empêchait les crises de panique de venir.

J'ai progressivement rassemblé mes idées et commencé concrètement à faire une démo du deuxième album. Je ne voulais pas le faire, mais je ne pensais pas vraiment que j'avais le choix. C'est arrivé plus d'une fois dans ma carrière que je n'ait pas eu envie de travailler mais je m'y mets quand même car, vraiment, qu'est ce que je ferais d'autre ? Richard m'appelait pour me demander comment j'allais, mais si je n'avais pas fait quelque chose dans la musique, je ne sais pas ce que j'aurais fait.

J'ai vraiment dû lutter pour commencer Hergest Ridge, mais après m'être poussé à commencer, ça a été comme entasser des brindilles dans un feu. Ca a pris vie par soi-même, avec ses propres impulsions et ça s'est auto-entretenu. Musicalement, cela n'avait rien à voir avec Tubular Bells. Il y avait des trompettes et des tin whistles, différentes sortes d'influences qui étaient d'une certaine façon un reflet de l'endroit où je vivais, je suppose que l'on appelerait cela des sons New Age aujourd'hui. Je roulais sur des réservoirs quasi vides quand je le confectionnais, mais jai réussi à bricoler une sorte d'album.


Au bout d'un moment, j'ai vraiment commencé à m'y immerger, ou au moins en partie. Il y avait un morceau de musique qui a terminé sur la deuxième partie d'Hergest Ridge, une simple et belle mélodie, juste à l'orgue et à la guitare acoustique. Le son de celle-ci, pour moi, était comme la conversation de quelqu'un : ils n'employaient pas des mots mais de la musique, des notes de musique et des tonalités musicales. La voix était tout simplement amicale et réconfortante et elle me disait "je suis en sécurité, je suis à l'aise, rien ne va me faire mal, je ne vais pas avoir de crise de panique, je ne vais pas me perdre dans le monde gigantestque et monstrueux où sont mes cauchemars".

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Une fois que j'ai eu fini les démos, le temps est venu de tout enregistrer proprement dit. J'avais demandé à Tom Newman de m'y aider une nouvelle fois, car nous nous étions entendus si bien lors de Tubular Bells. Le Manoir était complètement réservé, alors pour commencer j'ai été mis dans des studios à Basing Street, un ancien cinéma. J'ai détesté cet endroit, je ne voulais pas du tout y travailler. Ca me conduisait à ne pas avoir envie de faire un nouvel album, mais je pouvais sentir cette pression de terminer les choses. Ensuite, nous avons été placé dans un studio quelque part comme Chipping Norton. J'ai détesté cet endroit encore plus, et à la fin nous n'utilisions même plus le temps de studio. Je ne me donnais pas la peine d'y travailler, et donc Tom et moi sortions faire voler des maquettes d'avion à la place.

Je n'avais vraiment pas le coeur à faire ça. Je devais m'en débarrasser, mais c'était comme faire sortir la dernière goutte de dentifrice de son tube. Quelle que soit énergie musicale refoulée que j'avais pu avoir en moi, je l'avais totalement livrée avec Tubular Bells et il n'en restait plus qu'un tout petit peu. Tant bien que mal, l'album fut terminé, ce qui fut plus un soulagement qu'autre chose.


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Le photographe qui avait fait la pochette de Tubular Bells, Trevor Key, est venu à Hergest Ridge pour faire la pochette. Il est arrivé avec Bootleg, le lévrier d'Irlande du Manoir : il est sur la pochette, sur la crête d'Hergest. Je n'ai pas aimé le résultat, pour être honnête. Après la pochette de Tubular Bells, qui était si puissante, celle là n'était seulement qu'un peu bizarre.

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 [L'ouvrage poursuit par la description des projets de Orchestral Tubular Bells et Orchestral Hergest Ridge]


A lire également sur ce blog, sur les mêmes sujets :
Chronique d'Hergest Ridge
Un autre passage de Changeling
Un article sur les maisons de Mike Oldfield

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 22:32
La Fender Telecaster de Mike Oldfield a été mise aux enchères le 20 juin 2007 chez Bonhams au profit d'une oeuvre caritative, mais n'a pas trouvé preneur. Elle avait été achetée par Roy Guest, agent de Sallyangie, pour le jeune Mike Oldfield (16 ans), au moment où celui-ci avait décidé de fonder le groupe Barefoot avec son frère Terry. Mike y avait ajouté, avec l'aide de son père, le micro Bill Lawrence qu'il avait déjà posé sur sa précédente guitare.



Vente 15242 - Objets emblématiques du Cinéma et du Rock & Roll, 20 juin 2007
Knightsbridge 


Lot No : 391

La Fender Telecaster de Mike Oldfield, utilisée pour enregistrer l'album 'Tubular Bells',
F-plate avec numéro de série 180728, corps finition naturelle avec une plaque pick guard laminée noire et blanche, un micro supplémentaire Bill Lawrence, des boutons de réglage de tonalité et volume et deux interrupteurs de sélection, manche timbré NOV66B, avec une touche et des inserts en bois de rose, tête avec clés Kluson, dans une valise Fender.

Estimation : £25,000 - 35,000  (€ 37,000 - 45,000)


Note :

Cette guitare, possédée auparavant par Marc Bolan et à l'origine avec une finition "blonde", a été la seule guitare électrique à six cordes utilisée par Mike Oldfield sur son premier album, 'Tubular Bells'.
Les premières démos de Mike ont été enregistrées dans son appartement de Londres, sur un magnétophone qui lui était prêté. Il avait apporté la bande à plusieurs maisons de disques, aucune d'entre elles ne manifestant beaucoup d'enthousiasme pour celle-ci. Cependant, Tom Newman, responsable du nouveau studio de Virgin au Manoir, à Shipton-on-Cherwell, Oxfordshire, l'entendit et convinc Richard Branson de laisser du temps de studio à Mike pour enregistrer l'album. Enregistré pendant l'automne 1972 et le printemps 1973, l'album a été refusé par toutes les maisons de disques approchées par Branson et il fut donc décidé que Virgin le sortirait elle-même. Ce fut le premier album sorti par Virgin, portant le numéro de catalogue V2001.
Paru le 25 mai 1973, l'album a été numéro 1 dans les charts britanniques, devenant l'album de rock instrumental le plus vendu avec des ventes mondiales dépassant les 25 millions d'exemplaires. 

La guitare a fait l'objet d'une donation de Mike Oldfield pour pouvoir être vendue au profit de l'oeuvre caritative SANE, dédiée à la santé mentale.


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21/06/07 : d'après un article sur le site de la bbc, la guitare n'a pas trouvé preneur lors de cette vente.



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Published by Nicolas - dans Actualités
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